D’où les meufs elles ont une fête rien qu’à elles?

Petit guide à l’usage des circonspects du 8 mars. Déjà qu’on fait qu’entendre les féministes à longueur de journée, tu te demandes comment et surtout pourquoi survivre au 8 mars? Laisse-moi t’aider.

photo credit: Nattes à chat sur Wikimedia Commons, CC 4.0 license

«Je sens de la crispation de ces chieuses de féministes quand je parle de la Fête de la Femme. Comment leur faire fermer leur gueule?»
J’ai un petit truc pour toi: si la façon dont tu appelles cette journée ressemble à une promo sur le petit électroménager chez Vanderborre, n’hésite pas à te questionner. La Journée internationale des droits des femmes, par exemple, on est bon. Pas de confusion possible. Journée 👏 internationale 👏 des droits 👏 des femmes 👏 bordel de merde 👏

«Je suis pour la Journée d’la Femme. Dès lors, la journée comprend-elle une forme de félicitations (applaudissements, louanges, ou autres) pour moi?»
Mais écoute, peut-être, oui, viens, on verra. Historiquement, on constate en tout cas un gros gros kiff chez les meufs de mettre du temps et de l’énergie à distribuer des gommettes à ceux qui nous crachent pas dessus, donc ouais, franchement, ça se tente.

Ou peut-être on sera occupées à gueuler pour la consolidation du droit à l’avortement, la mise en place de politiques dignes de ce nom concernant les féminicides, une meilleure (#euphémisme) prise en charge policière et juridique des violences conjugales et sexuelles, la fin de l’image cliché-cata des femmes dans les médias, la prise en compte de la misogynie dans le secteur associatif, la réelle répartition du travail domestique gratuit, la prise en compte des inégalités du travail salarié, le respect des droits des travailleur.euses du sexe qui restent à ce jour invisibilisé.es, la fin des politiques migratoires racistes qui sont en soi à vomir et touchent autrement les femmes, une réflexion profonde et continue sur la convergence des luttes, le renforcement d’une vraie éducation sexuelle traitant du plaisir et du consentement. Notamment. Mais oui, peut-être y aura un stand remerciements, mh mh, oui, oui, peut-être. J’imagine.

«En tant qu’homme, pourquoi suis-je exclu de certaines parties du cortège? Est-il possible de parler au manager de la manif pour lui faire comprendre la plus-value de ma teub?»
Ça va être compliqué, chouchou. Et alors y’a un petit truc rigolo par rapport à ça, c’est que ceux qui se plaignent d’être exclus des manifs féministes sont généralement pas trop les premiers à se pointer dans les manifs féministes qui les incluent, stu veux. Donc viens, comme ça après tu pourras dire « mais si si, moi j’y étais à la manif du 8 mars » et je pourrai alors embrayer sur mon argumentaire à base de la nécessité de l’entre-soi.

«Y aura-t-il des féministes extrémistes/hystériques à la manifestation ? Si oui, pourquoi elles font que râler d’une façon que j’aime pas ?»
Je te propose un petit programme en plusieurs étapes. Enfin non, y’a qu’une étape en vrai : peut-être la meilleure approche c’est commencer par bien fermer ta gueule. Ouille, déso, c’était un peu abrupt. Mais euh ouais, relis ça en gardant en tête que je suis pleine d’amour et de bienveillance : ferme bien ta gueule. Écoute. Pour du vrai. Décentre-toi un peu, essaye. On produit de la pensée, des données, des stats, des sondages, des études, des thèses, des rapports Amnesty, des tribunes, des témoignages, des docus, des récits, des rencontres, des gueulantes, des manifs, des cours, des conférences, des séminaires.

Tout ça pointe une tendance bien tangible vers l’idée que le patriarcat n’est pas un mythe. Et ça énerve un peu, tu vois. Alors OK, la colère c’est pas très très agréable. Mais est-ce que ça serait pas une réponse tout à fait modérée par rapport à la violence du système auquel répond cette colère ? Mmh ? Prends sur toi, écoute, lis, ferme ta gueule. Et reviens avec des arguments, pas de soucis. Mais dans un premier temps, chut.

« Pourquoi qu’on n’a pas une Fête de l’homme ? »
Excellente question. Écoute, j’ai une super nouvelle : c’est aujourd’huiii! Yaaaay! Et c’était hier aussi! Yaaaay! Et avant-hier. Et après-demain. En vrai, il est pas question de nier que vous vivez de la merde aussi de votre côté. Mais la société n’est pas structurée autour du maintien de cette merde. Et ça vous avez touuuute l’année pour vous en réjouir.

« Tu veux quoi comme fleurs pour le 8 mars ? »
Non.

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