D’où on peut venir avec nos seins mais vraiment si on peut pas faire autrement?

Le Musée d’Orsay a refusé l’accès aux lieux à une étudiante, à moins qu’elle ne se couvre. Parce qu’elle est arrivée avec un couteau en disant qu’elle allait défigurer toutes les oeuvres et que non j’déconne, elle portait juste un décolleté.

Je vais aller straight to the point parce que je suis à la fois pressée et atterrée. Entre le « mais d’où c’est pas l’évidence » et « visiblement faut encore expliquer ». Entre l’envie de pas lâcher l’affaire et la vraie fatigue qui appelle l’air de rien à la résignation.

C’est parti pour le bonheur d’être sexualisée en 7 points.

Capture d’écran de la vidéo de Brut
  1. Réalises-tu l’enjeu de refuser à qqn.e l’accès à un endroit parce qu’on se sent habilité·e à décider ce qui peut être et ne pas être ?
  2. Vos pentes savonneuses à base de « et quoi après on peut venir au musée en bikini ? » sont indispensables pour argumenter votre position qui, effectivement, a bien besoin d’un petit coup de pouce. Car la situation en elle-même n’est pas problématique, c’est ce qu’elle dit qui vous tend. C’est qu’elle dit qu’une femme pourrait se passer de votre avis et vivre sa vie. Que ce que vous percevez comme un excès de féminité et de sexualisation entre dans un lieu de Culture en tant que sujet plutôt qu’objet.
  3. C’est aussi nous rappeler que nos corps sont, par défaut, inadéquats. Que ce que vous percevez comme des attributs féminins est au mieux tolérable, et sous certaines conditions. Qu’il nous revient de faire l’effort d’être acceptables d’après vos critères qui, bien sûr, sont trop difficiles à atteindre pour être acquis sans travail ni une fois pour toutes.
  4. Et si j’écris à plusieurs reprises « ce que vous percevez », c’est exactement ce que je veux dire. C’est ce qui a été défini comme appartenant au féminin, au moins, au non-neutre, au marqué, voire plus largement au non-masculin et qui structure tout, l’accès aux lieux d’apprentissage, à l’espace public ou au musée.
  5. Et comme c’est votre perception, c’est aussi votre subjectivité, c’est donc aussi suffisamment arbitraire pour nous apprendre à pas jouer avec les marges. Pour qu’on soit en tout temps conscientes que comme la norme est instable, c’est en s’y collant au maximum qu’on prend le moins de risques.
  6. Parce qu’on parle bien de risques. Ce contrôle permanent est épuisant. Que de la perception que vous aurez de nos corps dépendra le respect que vous daignerez nous témoigner est épuisant, violent, injuste et enrageant.
  7. C’est pas « juste une tenue », comme vous conditionnez à cette tenue notre humanité. À chaque écart de vos règles à la con, le risque d’une déconsidération plus ou moins conséquente. Dont vous nous expliquerez d’ailleurs qu’on l’a bien cherchée.

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