D’où Naomi Osaka paye notre allergie au consentement ?

Naomi Osaka a refusé de faire quelque chose que d’autres ont très envie qu’elle fasse. Son refus est inaudible, et le traitement médiatique dudit refus, édifiant. Parce que si certain·es ânonnent maintenant fièrement, l’index levé, « non : c’est non », comprendre que le consentement est une question de respect plus englobante c’est genre pas gagné du tout.

Le 26 mai dernier, Naomi Osaka, 2è joueuse mondiale, annonce qu’elle ne répondra à aucune question de la presse pendant le tournoi de Roland Garros, dans le but de préserver sa santé mentale. Tollé, amende, menace d’exclusion, « boycott », « polémique », « coup de théâtre ». Et un traitement médiatique de capricieuse, d’ingrate et d’opportuniste.

Credit photo Andrew Henkelman, CC BY-SA 4.0

Parce que dire « non » à quoi que ce soit, quand c’est pour soi-même, reste inaudible. Et parce qu’invoquer la santé mentale n’est toujours pas pris au sérieux. Naomi Osaka se retrouve au croisement de ces deux angles morts savamment entretenus de notre bien belle société, qui adore dire « ère post-MeToo » à toutes les sauces, mais flemmardise de mépris dès qu’il s’agit de faire autre chose que dire. L’affaire met encore méchamment en lumière qu’entre apprendre sa leçon par cœur pour se faire bien voir, et comprendre la portée de ce qu’on apprend, il y a fossé. De la taille d’un changement de paradigme.

Comment ça, le consentement ça dépasse ma culotte ?

On avait bien insisté sur le consentement sexuel, parce que c’était le plus urgent, celui autour duquel le flou savamment entretenu était le plus violent, le plus traumatisant. Mais vous vous avez cru que le consentement c’était que ça en fait ? Quand on vous a expliqué ça avec des tasses de thé, ça vous a pas mis la puce à l’oreille des fois ? Vous vous êtes pas dit « tiens, ça marche pour une boisson chaude, donc peut-être ça dépasse le cul » ?

Visiblement pas, donc permettez-moi d’expliciter : respecter le consentement, c’est dire « d’accord » quand quelqu’un·e dit « non ». C’est respecter le refus. Point. (C’est respecter l’accord aussi, techniquement, mais ça pose moins de problème, duh). C’est-à-dire que si tu souhaites que quelqu’un·e fasse quelque chose, et que la personne n’est pas d’accord, tu as absolument le droit d’être frustré·e, déçu·e, mécontent·e, mais juste, tu respectes le refus. Ce qui peut passer dans certains cas par ne pas exprimer ton mécontentement. Ou même questionner sa légitimité. Ou le différer. Ça peut aussi passer par te taire et laisser la personne tranquille. Ou t’interroger sur les raisons du refus, et ton possible rôle dans le mal-être qui est peut-être à sa source, si des raisons ont été explicitées. Dans tous les cas, ça passe par entendre, et accepter « non ». Pour un dick pic, pour un date, pour de l’alcool, pour une sortie pourtant prévue, pour une conférence de presse.

Va pas me foutre un homme de paille en feu ici, je te vois venir gros comme une tiny house avec ton « ah ouais, bah à ce prix-là alors, moi j’refuse de payer ma bouffe, et le magasin doit respecter mon consentement, t’vas faire quoi », ou «  si c’est comme ça, d’où tu te permets de pas respecter que je refuse d’être vacciné·e?  », ou encore pour les plus fûté·es à qui on la fait pas, « et si je refuse d’accepter ton refus, tu dois respecter mon refus, alors hein ? hein ? hein ? T’es dans la mert’ ».

Ah bah zut, ouais, j’avais pas pensé. C’est juste oublier un peu vite que je ne dirige pas le monde (moi aussi je m’y méprends des fois), et que chacun·e est encore responsable de son degré de connardise d’une part, et d’ignorance de l’autre. Donc non, toute exigence de consentement ne se vaut pas, et les lignes ne se mettront pas aux mêmes endroits en fonction de qui regarde.

Pour le dire autrement, j’insiste sur un mécanisme (celui qui consiste à envisager l’option révolutionnaire de dire « d’accord » quand quelqu’un·e dit « non »), mais le sens dans lequel tu le fais fonctionner, c’est toi qui vois, en ton âme et conscience. C’est à la fois tes valeurs et tes connaissances qui donnent la direction. Sachant en plus que les premières influencent les secondes (et inversement), étant donné que nos valeurs vont influencer dans une certaine mesure ce qu’on cherche et ce qu’on valide comme connaissances. Si la rigueur scientifique n’est pas très haut sur ta liste, il est clair que tu risques moins de chercher tes infos dans la littérature scientifique, ni de percevoir comme valide le savoir qui s’y trouve, par exemple. Ou encore, tes valeurs progressistes risquent bien de te rendre plus perméable aux infos qui confirment toutes tes bonnes raisons d’être progressiste (pour ne donner qu’un exemple du monde fabuleux de la biaiserie de ta cognition).

Et attention les yeux je vais complexifier un peu l’affaire, mais je vous sens bien investi·es, alors je me permets. Le mécanisme (dans ce cas, celui du consentement), peut même être appliqué de la même manière, mais en répondant à des valeurs différentes. Par exemple, tu refuses de payer ta bouffe dans un supermarché, parce que tu estimes qu’il s’agit d’un rouage capitaliste par excellence, ou tu refuses de payer ta bouffe dans un supermarché parce que tu estimes que chacun·e pour sa gueule. Je serai plus encline à comprendre l’une que l’autre, bien que le refus soit identique. Valeurs et connaissances, j’te dis.

Ce détour en forme d’invitation à l’introspection, somme toute, pour insister sur nos gestions individuelle et collective du consentement de toute personne appartenant à un groupe social dominé. Pour rappeler que « d’accord » est une option, mais surtout pour pointer que ça n’est pas une option particulièrement valorisée dans notre société, qui prône en priorité certaines valeurs (qui ne sont ni le respect ni la tolérance, SPOILER ALERT) et certaines connaissances, nous plongeant la tête en avant dans la direction opposée. Autrement dit, les mécanismes de la culture de viol fonctionnent à plein de niveaux, et génèrent plus largement une culture du le-consentement-c’est-secondaire.

Traitement médiatique à la truelle

Ce qui me marque dans le traitement médiatique du refus de Naomi Osaka de participer aux conférences de presse, c’est qu’il illustre magnifiquement notre problème massif avec le consentement, et plus spécifiquement le consentement des femmes, régulièrement punies (entendre : critiquées publiquement, harcelées, menacées, mises en doute, accusées…) pour avoir pris position de façon franche dans le sens contraire de celui du vent (avoir dit « non »), ou pour avoir rendu public le non-respect par d’autres de leur « non » (expliciter le non-respect de leur consentement. Je pense évidemment en premier lieu au traitement médiatique des victimes d’agressions et de crimes sexuels).

Tout y est. Le on-a-toujours-fait-comme-ça-de-quoi-elle-se-plaint à coups de « c’est le job » ; la condescendance du ton, à coups de « la demoiselle », « la fille », pour désigner l’une des plus grandes athlètes de tous les temps ; le rappel des conséquences pour les autres (en insistant par exemple pour appeler cette décision un « énorme gâchis ») ; l’accusation d’agir par appât du gain, en rappelant à tour de bras et avec des points d’exclamation pour bien montrer qu’il convient d’être stupéfait·e, son salaire et ses sponsors, et en mentionnant qu’elle fait une exception pour le média japonais qui la rémunère, « parce qu’elle est payée, donc » ; l’usage de l’euphémisation, en plaçant soigneusement ses guillemets dans la phrase « la demoiselle a décidé de ne pas parler à la presse pendant ce tournoi. Et cela pour « sauvegarder sa santé mentale »», ou en titrant la tristesse, et non la dépression.

Enfin, la part est belle aussi pour la traditionnelle suspicion d’opportunisme, aka vous-plaindre-c’est-que-quand-ça-vous-arrange-hein, oubliant au passage que oui, c’est bien ça le principe du consentement. On parle alors du soutien appuyé de Naomi Osaka au mouvement Black Lives Matter, pour préciser que bah oui, « à ce moment-là, elle avait besoin des médias, pour relayer ses messages » et maintenant y’a plus personne, ou on glisse que pour ses « prises de position déterminées […] elle était mieux inspirée par le passé… », les points de suspension en forme de wink-wink-ça-pue-l’embrouille pour les distrait·es.

Un article de la RTBF, particulièrement violent à cet égard et jouant le jeu de l’incompréhension devant tant d’absurdité, avance une hypothèse : « Ou alors, Naomi Osaka est vraiment très fragile. Mais ce n’est pas le cas, on le sait. La fille est assez solide, mentalement, pour gagner des tournois du Grand Chelem, pour jouer des matches devant 10.000 personnes ».

Le tweet de Naomi Osaka, 26 mai 2021

Et nous y voilà : Naomi Osaka ne souffre pas correctement, pas suffisamment, pas assez visiblement, pas comme on aimerait, pas comme on croirait.

L’un des (très nombreux) problèmes de cette incapacité médiatique à traiter un « non » comme une décision sensée et légitime par défaut, est qu’en jetant le doute sur la personne qui dit « non » et ses motivations, on l’oblige aussi à aller toujours plus loin dans la nécessité de se justifier. Et quand on parle de santé mentale, ça signifie souvent l’obligation de s’outer : de donner un diagnostic, de nommer des symptômes, de partager des détails de santé qui ne sont en fait pas nécessaires, pour prouver sa bonne vulnérabilité.

Je comprends bien sûr qu’il existe des situations, professionnelles notamment, dans lesquelles une justification est nécessaire ou souhaitée. Je comprends qu’ici les enjeux médiatiques et sportifs sont ce qu’ils sont, et qu’un simple « non, je ne participerai pas aux conférences de presse » soit plus difficile à avaler. Mais Osaka a d’emblée fourni cette explication. Elle a d’emblée annoncé qu’il s’agissait de préserver sa santé mentale. Simplement, la santé mentale n’est jamais perçue comme une justification en soi, elle est au mieux une bonne excuse pour se défiler. Il a donc fallu ensuite qu’elle détaille de quoi elle souffre, depuis combien de temps, comment ça se manifeste. Comme si dès que t’appelais pour dire que tu viens pas bosser pour cause de gastro, tu devais annoncer publiquement tes symptômes.

Psychophobie médiatique

Parce que si le traitement médiatique de celles qui disent « non » est désespérément cohérent, il prend ici ses propres petites tonalités bien réjouissantes étant donné qu’il aborde un cas de consentement bien particulier, relatif à la dangereuuuuuuuse santé mentale. Je dis dangereuse, mais c’est en fait au choix : dans les médias, la santé mentale est soit traitée sur le mode de « mais-qu’est-ce-qu’on-s’en-tape », soit traitée sur le mode de la dangerosité (le fameux trope du fou meurtrier ou de la folle incontrôlable, alors que les personnes atteintes de maladies psychiques sont, tu vas pas en revenir, plus souvent victimes qu’auteurices de violence). J’en profite pour vous demander d’imaginer deux minutes la gueule de la couverture médiatique du refus de Naomi Osaka de parler à la presse pour des questions de santé physique, et non mentale.

L’article de la RTBF est aussi édifiant dans son illustration de la psychophobie, car il adopte un angle aussi pourri que commun, celui qui consiste à ridiculiser la question de la santé mentale. La démonstration par l’absurde traverse l’article à des degrés divers : on a le casual « parler aux journalistes rend fou ? » (oui, ceci est une citation), qui nous strike à la fois terminologie stigmatisante, sophisme de l’homme de paille et ironie condescendante ; on a une longue liste de questions précédemment posées à Osaka en conférence de presse, pour bien montrer leur caractère inoffensif, la seule conclusion possible étant que la joueuse fait preuve d’une mauvaise foi crasse ; on a aussi, mon pref car subtile-mais-rudement-efficace, le champ lexical de l’horreur utilisé tout au long de l’article (les journalistes ne pratiquent pas « la torture psychologique », « le calvaire » de la conférence de presse ne dure pas, les questions ne sont pas « traumatisantes », tout ça n’est pas « si terrible »), pour mettre en relief l’exagération de la décision d’Osaka.

Bien sûr, le traitement médiatique catastrophique du consentement + de la santé mentale embarque en plus ici avec lui toute la violence des représentations médiatiques des femmes racisées, dont ce qu’on choisit de retenir de leur personne peut être à la fois utilisées pour elles (mais c’est jamais aussi simple, is it ?), et contre elles. Comme le dit @_WrittenByHanna sur Twitter : « Il y a encore quelques années, l’attitude réservée de Naomi était utilisée pour mettre en relief l’ »agressivité » de Serena, et maintenant ce pour quoi Naomi était glorifiée, est ce pour quoi elle est critiquée. La misogynoir est si flexible dans sa cruauté. »

Un dernier procédé est d’ailleurs utilisé dans l’article de la RTBF (mais pas que) : demander à Roger, Rafael, David, ce qu’ils pensent de la situation, pour insister sur le fait que c’est quand même pas la mer à boire, eux ils font tout bien comme il faut, eux ils y arrivent, eux ils trouvent ça normal, sans bien sûr jamais questionner ce qui leur permet de tenir ce genre de position. Il faudra qu’une autre athlète noire (Serena-Queen-Williams) intervienne à son tour pour qu’on commence à parler de soutien.

Nos médias, nos biais

En réponse aux commentaires vomitifs sous la publication d’une personnalité publique qui accusait un homme blanc riche de viol (j’ai oublié de qui il s’agit, coucou la déprime du nombre), quelqu’un·e pointait un élément qui m’a marqué par sa simplicité et sa justesse : la femme médiatique en question ne va probablement pas lire tes commentaires de merde (je paraphrase), mais la personne que tu connais, qui te suit, qui te lit, avec qui tu es peut-être ami·e, ou qui fait peut-être partie de ta famille, va les lire. Et va noter que tu ne fais pas partie des personnes vers qui elle pourrait se tourner s’il lui arrive quelque chose de similaire. Et encore moins, du coup, pour quelque chose que tu risquerais de trouver moins grave.

Cette idée s’applique sans peine ici aussi, à chaque réaction individuelle (comme on nous rappelle sans cesse que machin à une sœur, truc une mère, bidule une voisine comme caution de son sexisme, hésitez pas à vous demander régulièrement ce que pensent vos cautions de vos prises de position), mais elle fonctionne aussi, il me semble, à chaque réaction médiatique dominante, et nos réactions face à ce traitement.

À chaque mouvement qui domine, comme celui-ci qui refuse de prendre la santé mentale au sérieux, c’est un signal, dans ce cas-ci vers toutes les personnes souffrant de dépression, vers toutes les personnes qui vivent avec un trouble de l’humeur, ou un trouble de la personnalité, ou même qui ‘se demandent si’. C’est un signal en forme de majeur tendu, qui rappelle que ce qui se joue là n’est pas perçu comme sérieux, ni important, ni digne d’intérêt. Qu’il y a un prix à payer pour qui veut en parler.

Qu’au contraire, surtout continue à prétendre des symptômes physiques quand tu te bats avec des symptômes mentaux, parce qu’on n’est pas intéressé. Continue à pas oser en parler, et donc à ne pas chercher de l’aide, parce qu’on n’est pas intéressé. Continue à garder pour toi les compétences et appétences particulières et enrichissantes que t’apportent ton trouble, on n’est pas intéressé. Continue à adapter parfois de façon ultra alambiquée tes vies sociales et professionnelles en secret, comme si t’avais fait quelque chose de mal, et continue de t’épuiser en stratégies pour masquer tout comportement qui pourrait te trahir, parce qu’on n’est pas intéressé.

By the way, je sors pas ça de mon cul, je te parle pas d’impressions mais de tendances claires des effets du paysage médiatique, d’un manque d’information total sur les questions de santé mentale, qui par ailleurs sont allègrement tartinées de stigmatisation. Une étude IPSOS de 2014 (je n’ai incroyablement pas trouvé d’équivalent belge de l’étude…) montre par exemple que 74% des Français·es pensent que les personnes vivant avec une maladie mentale sont dangereuses pour elles-mêmes ou pour les autres. Un tiers des Français·es seraient gêné·es de travailler (35%), ou de partager un repas (30%) avec un·e malade mental·e. Hahaha, well, guess what…

En 2019, la chercheuse Blandine Rousselin s’est demandé comment les personnes vivant avec une maladie mentale perçoivent le traitement médiatique de leur pathologie, pour conclure que ô joie, ô surprise, la stigmatisation, la discrimination et le rejet « apparaissent ainsi comme des marqueurs permanents des discours ». Je précise à toutes fins utiles que la prévalence de la dépression (qui est loin d’être le seul trouble mental) en Belgique, c’est autour des 10% (15% en 2013, 9% en 2018), qu’on a bien sûr grimpé à 20% pendant le confinement (donc tu prends 4 personnes autour de toi (+ toi, patate) et tu tires tes conclusions), que la prévalence est 2x plus élevée chez les femmes, et que les troubles mentaux et du comportement représentent la cause principale des incapacités de travail de longue durée (35,8% en 2019).

Surtout, ne rien questionner d’autre que l’individu

Tout ça pointerait vers la santé mentale comme question structurelle qu’on serait pas étonné·e hein ? Pourtant le traitement médiatique de l’affaire, what else is new, s’applique bien fort à ne chercher à faire sens de la situation que par un recours à l’individu qu’est Osaka, sa personnalité, sa carrière, son salaire, son palmarès, tout en usant d’une rhétorique du choix, de la décision individuelle de la joueuse, afin de continuer à ne pas comprendre, un individu à la fois. Une posture idéale pour ne jamais avoir à tirer de conclusion d’ensemble, à interroger le système qui mène à prendre ce genre de décision, qui pourrit la santé mentale, qui s’avère incapable de l’entendre comme une donnée valide. Car tant qu’on boude sur le choix d’une joueuse, le système peut continuer sur ses roulettes.

Combien d’articles ont conclu l’affaire, soit de leur propre analyse pointue, soit en rapportant les propos de truc ou machin, que ces conférences de presse, « ça fait partie du job ». Combien, en miroir, se sont interrogés sur ledit job, ses règles, ses contraintes, ses discriminations internes, sa rigidité. Combien ont contextualisé les effets de la dépression, et envisagé la décision comme celle d’une femme athlète all grown up qui prend une décision difficile mais raisonnée, sans partir du principe qu’elle est soit capricieuse, soit inconséquente ? (Une timide dépêche AFP, reprise telle quelle ça et décrit plus qu’elle n’analyse, mais a le mérite d’élargir le débat) Combien ont entendu ces propos comme émanant d’une athlète qui s’avère être une femme racisée ? Combien ont abordé dans leur traitement les contraintes inouïes du sport de haut niveau, et ses biais sexistes, classistes et racistes, en tenant de comprendre le cadre dans lequel s’inscrit cette décision ? Combien ont pris au sérieux les questions répétitives ou propices à générer du doute, pointées par Osaka, et en ont profité pour remettre en question les pratiques de leur métier ? Combien ont fait preuve de créativité vis-à-vis de leur métier en imaginant des alternatives de communication entre les athlètes et la presse ?

En fait je n’attends pas tout ça des médias, qui sont pris dans des contraintes économiques et politiques trop pernicieuses pour pouvoir remplir le rôle qu’on continue pourtant de leur assigner. Mais quand ce genre de sujets émerge, le traitement médiatique qui en est fait me semble crucial à conscientiser. Ne serait-ce que pour réaliser nos propres conditionnements, biais et coins d’ignorance entretenue, nos propres tendances à forcer la main avant d’envisager « d’accord ». Mais aussi pour reconnaître que ce sont ces représentations-là qu’on véhicule en tant que société, se demander si, en fonction de nos valeurs et de nos connaissances, c’est quelque chose qu’on a envie de défendre, ou de combattre. Individuellement, et collectivement. Puis le faire.

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